Santé, empathie et rêve

DAKAR, 31 janvier 2021 – On est dimanche, il reste une poignée d’heures et des poussières de minutes avant l’expiration – d’accord tacite – de la saison des voeux, ces souhaits à cheval entre l’année qui s’en va et celle qui s’en vient. The Season’s Greetings.

La procrastination et moi, nous avons une longue histoire, pas toujours belle. Et je me heurte souvent à vouloir la dompter. (Quel animal !) Mais, contrairement à 2020, où j’ai sacrifié à cette politesse très tôt… en février, cette année, je suis encore dans les temps, de tacite accord. Vous voyez ? (Oui, il y en a qui voient bien.)

Maintenant que vous avez vu, suivez-moi.

Je vais vous parler d’un conte. Celui d’une histoire d’amitié ou d’amour, peut-être les deux à la fois…

« Elle est venue, douce comme une mélodie,

Elle est venue nous dire le secret du chant de la pluie,

Semer en nous cette infinie graine de folie. »

Une histoire d’amitié-amour, qui enfourche la voix de l’âme et nous traverse…

« … cette voix de vérité.

Mon âme me dit que toute âme qui vit chemine vers cet ultime pays des merveilles… »

… c’est une prière, et une supplique pour qu’elle soit entendue.

« Ecoutez ma prière…

Yalna Yala woyofal te yaatal xol yi.

Yalna Yala Rahmaan yokk ñu yërmande.

(« Que Dieu rende les cœurs légers et larges.

Puisse Dieu Le Très Miséricordieux nous permettre d’avoir de la compassion. »)

[Merci, Felwine, pour l’aide à la traduction. Pour la transcription, vos corrections, remarques et suggestions sont les bienvenues.]

Majnun, « Malisadio, le trésor manifesté » (extrait)

C’est un extrait de « Malisadio » version Majnun, superbe titre de son non moins bel album « Kindépili » (autoproduction, 2017), dont je me promets depuis au moins 2019 de vous parler en long et en large un jour ici. (Un jour, si Dieu le veut…)

(Photo : Coumba Sylla)

Majnun est le nom de scène de Djibril Sarr, de la fratrie de Felwine Sarr aux talents artistiques multiples.

Malisadio ou Mali Sadio, légende d’amitié-amour-jalousie-tragédie de Bafoulabé, au Mali, est un récit commun à plusieurs pays de l’aire mandingue. Il en existe plusieurs versions et l’histoire a été chantée par de grandes et belles voix de cette région d’Afrique de l’Ouest, dont  un collectif de griots du Mandé incluant Kassé Mady Diabaté ici, Mory Kanté ici et Sory Kandia Kouyaté ici.

Majnun lui prête sa voix, ses accents, les tons et couleurs de son monde festif, transversal, ouvert, généreux, plein d’esprit, de poésie et de sensibilité dans lequel je me suis sentie bien dès la première écoute de « Kindépili ». Il « me va à l’âme », comme l’a dit Natalie Clifford Barney, flamboyante écrivaine américaine, dans ses « Aventures de l’esprit » (ma lecture de ces derniers jours), en parlant du rire de Kundry, personnage féminin d’un opéra de Richard Wagner.

2020 n’a pas été une année facile. Mais, de la même manière que les cactus ont des fleurs…

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

… j’ose espérer qu’elle n’a pas été exclusivement douloureuse, ou triste ou mauvaise. A l’image d’une caricature ayant atterri sur mon écran de téléphone en passant par le compte WhatsApp de ma petite sœur Bintou (Ba), celle de cette femme aux cheveux roses et en manteau vert pomme Granny se dirigeant droite cadre, après avoir clamé à la peinture rouge sur un mur : « I’M NOT ADDING THIS YEAR TO MY AGE, I DIDN’T USE IT » (« Je n’ajoute pas cette année à mon âge, je ne l’ai pas utilisée »).

(Pardon ?)

Excusez-moi, on me parle à l’oreille en même temps.

(Ah, d’accord. Je ne le savais pas, merci. N’klow taa ra kalan so [« Mes oreilles sont allées à l’école »], une façon de dire, en bambara : « Je mourrai moins bête ».)

On me dit que le bon mot illustré a beaucoup circulé sur Facebook, et que le personnage est Aunty Acid, « fille » du dessinateur/caricaturiste Ged Backland.

Dessin également vu sur Twitter. Notamment chez Maryann Miller (@maryannwrites)

Pour 2021, je nous souhaite de la santé, et de l’empathie – si nous en avons, qu’elle s’étende, s’étende, s’éteeeende…

Je nous souhaite de la bienveillance, de la poésie, du rêve – à garder, à (re)trouver ou (r)éveiller. Une belle force mentale aussi, en ayant toujours en tête, dans les oreilles et au coeur le rire de tous ceux que nous avons aimés et qui nous ont précédés au Ciel.

(Photo : Coumba Sylla / Effets : PhotoEffets)

Je nous le souhaite pour 2021, pour longtemps. Pour toujours.

(Je pourrais donc vous envoyer ce texte en 2047, si je suis encore là n’est-ce pas ?)

Prenez soin de vous.

A la prochaine.

Coumba Sylla

*****

Pour ceux qui voudraient un peu plus de Majnun :

– il est sur YouTube ;

– il est sur Facebook sous le nom de Kélétigui Majnun ;

– il promet pour 2021 « un album psychomagique » (lu sur sa page Facebook).

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Majnun, « Adamu »

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Majnun, « Douagn » (live)

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Majnun, « Iyahwé »

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C.S.

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