Lectures du vendredi 7 septembre 2018

Première publication dans la version originale en 1906 ; première publication en français en 1931 aux Editions Oeuvres libres, selon l’éditeur.

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

Sur le site de l’éditeur :

« Dans L’Apostat, Jack London (1876-1916) dénonce le travail des enfants. Il conte l’histoire de Johnny, qui s’échine à l’usine depuis son plus jeune âge pour faire vivre sa famille. Mais un matin, son corps ne répond plus. Prématurément usé, il décide de déserter l’armée du travail.

Une révolte rimbaldienne teintée de naturalisme ; une nouvelle saisissante, insuffisamment connue, mêlée d’éléments autobiographiques. »

Voir aussi « Jack London – Arriver à bon port ou sombrer en essayant » (bande dessinée), par Koza (Maximilien Le Roy), Editions Le Lombard, 2017.

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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EXTRAITS

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Au contact intime des machines »

« Il avait depuis toujours été au contact intime des machines, conditionné et éduqué par l’incessant mouvement de leurs rouages. Douze ans auparavant, il y avait eu un peu d’excitation dans ce même atelier de tissage. La mère de Johnny s’y était évanouie. Ses collègues l’avaient allongée à même le sol, parmi le métal hurlant des machines qui tournaient à plein rendement. Le contremaître avait prêté son concours à l’accouchement. Et quelques minutes plus tard, une âme de plus peuplait l’atelier de tissage. C’était Johnny, accueilli en ce monde par le grondement implacable des machines, respirant avec son premier souffle l’air humide et tiède, infesté de particules de jute. Le jour de sa naissance, il avait longuement toussé pour en débarrasser ses poumons. Et sa toux n’avait jamais cessé depuis. »

(Jack London, « L’Apostat »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Un garçon tel un vieil homme

– Mon garçon, je veux que tu me dises la vérité. Quel âge as-tu ?

– Quatorze ans.

– Il a l’air d’en avoir seize.

– Ou soixante.

– Il a toujours eu cet aspect…

– Depuis combien de temps ?

– Depuis des années. On dirait qu’il ne vieillit pas.

– Je dirais plutôt qu’il ne rajeunit pas.

(Jack London, « L’Apostat »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Adolescent à sept ans, adulte à onze

« Il était devenu adulte très précocement. Son adolescence était venue dès l’âge de sept ans, avec ses premiers salaires : un vague sentiment d’indépendance était né en lui, et dès lors ses rapports avec sa mère avaient peu à peu changé. Désormais salarié, lui aussi, et pourvoyeur de pain, il était devenu, en quelque sorte, son égal. L’âge d’homme était venu à Johnny à onze ans, à l’époque où il avait travaillé en équipe de nuit pendant six mois. Nul ne peut travailler de nuit et rester un enfant. »

(Jack London, « L’Apostat »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Souvenir « enfoncé à jamais dans son âme à coups de pied »

« Il était marqué par un autre souvenir, vague et imprécis, mais enfoncé à jamais dans son âme à coups de pied par son père. Cette réminiscence confuse et douloureuse ressemblait davantage à un cauchemar qu’au souvenir exact d’un acte concret. Elle s’apparentait plutôt à la mémoire génétique de l’être humain – celle qui fait ressurgir, dans ses rêves, les expériences de ses lointains ancêtres arboricoles. (…)

Il ne voyait jamais à quoi ressemblait son père. La seule certitude qu’il avait, c’était que les pieds de son père étaient brutaux et sans pitié. »

(Jack London, « L’Apostat »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Le savoir du coeur

« C’était lui. Aux battements de mon coeur je ne pouvais pas me tromper. Je sais que c’est difficile à croire, cette soudaine certitude, mais voilà. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Comme l’image idéale d’un avocat

« Comment savoir qui il était, qui était cet homme ? Certes il pouvait être avocat, il en avait bien l’allure, encore que je n’eusse pour ma part rencontré qu’un seul avocat dans ma vie, quelques semaines plus tôt, qui ressemblait à un trafiquant d’armes – disons plutôt qu’il en était l’image idéale, celle que dessineraient spontanément la veuve et l’orphelin. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Coïncidences naturelles

« Amand, oui, je n’invente pas, ça existe, c’est dans les dictionnaires de prénoms, c’est le masculin d’Amandine, du latin amandus, +choisi pour l’amour+ (…) +Choisi pour l’amour+, ça pouvait être lui, ça pouvait parfaitement : il y a des coïncidences qui, dans un roman, paraîtraient pénibles mais qui, dans la vie, répondent à une nécessité dont personne ne s’étonne. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Seulement attendre »

« Je ne pouvais ni renoncer ni entreprendre, seulement attendre – mais attendre quelqu’un, n’est-ce pas un moyen d’être avec lui ?

Il ne vint pas. J’attendis près d’une heure, bouleversée, transie. Il me manquait. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Sa géographie est humaine »

« Depuis toujours, elle regarde les hommes, rien d’autre. Ni les paysages, ni les animaux, ni les objets. Les enfants, quand elle aime leur père. Les femmes, quand elles parlent des hommes. Toute autre conversation l’ennuie, elle y perd son temps. Elle peut voir les plus beaux pays du monde, voir les pampas, les déserts, les musées, les églises, tous les voyages lui semblent vains tant que n’apparaît pas, ne fût-ce en reflet, en mirage, en ombre chinoise, la trace d’un homme bleu, d’un gaucho, d’un Christ. Sa géographie est humaine, strictement. »

« L’intérêt passionné qu’elle porte aux hommes, il faut qu’ils le lui rendent. Elle aime les hommes qui pensent aux femmes. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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Filles désenfantisées

– Avez-vous des enfants ?

– Non, j’ai deux filles.

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Coumba Sylla

 

 

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