Lectures du vendredi 14 septembre 2018

  • Comme la semaine dernière, « Dans ces bras-là » de Camille Laurens, Editions Gallimard, collection Folio, réédition 2018.
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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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EXTRAITS

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Aimer autrement que dans le mystère »

« Bien sûr, je voulais qu’il me trouve belle et je me faisais belle pour aller à nos rendez-vous. Tel n’était pourtant pas mon objectif premier : je voulais avant tout qu’il me connaisse, qu’il sache qui j’étais et, le sachant, qu’il m’aime. Je voulais savoir si l’on pouvait m’aimer autrement que dans le mystère – dans la nudité de ma douleur, dans ma misère. Longtemps, la main creuse attendant l’obole, j’avais mendié l’amour auprès de qui voulait m’entendre. Je venais de trouver à qui parler. C’était lui. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Ne rien dire, rien…

« L’amour, c’est quand on ne dit rien – qu’est-ce qu’on pourrait dire, qui vaille ? »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Toute parole est en trop quand on a du désir »

« Pourquoi c’était bien, au début ? Parce que nous nous sommes passés des mots, parce que nous avons fait l’économie de tout ce qui se dit généralement dans ces cas-là. Toute parole est en trop quand on a du désir, d’ailleurs, parler l’annule – il n’y a pas de mots pour dire le désir, pas de mots courants qui ne servent à le trafiquer, à le masquer, à l’apaiser ou à le détruire. Le langage articulé n’est pas une matière propre à épouser le désir – je veux dire : la langue orale, les paroles volantes -, le poème au contraire se moule sur le corps, le poème est proche de la voix, de la peau. Mais le reste, vraiment, non : une manipulation honteuse, un vil trucage. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Ce genre d’homme »

« Mais peut-être aussi ai-je pensé qu’il ne fallait pas laisser disparaître sur la mer ce genre d’homme – tout à fait mon genre : celui qui vous prend dans ses bras comme le marin embrasse l’horizon. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Elle parle pour lui »

« Il ne faut pas faire l’enfant avec le père.

Le plus curieux, c’est qu’il ne dit pas grand-chose, il est taiseux, dans l’ensemble. Mais elle, elle babille, elle raconte, elle invente le monde. Du moment qu’il l’écoute, qu’importe qu’il se tait ?

Elle parle pour lui. »

(Camille Laurens, « Dans ces bras-là »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Le génie d’Ali »

« Parler de l’histoire de la boxe revient à retracer celle du peuple afro-américain tant elles s’interpénètrent. (…) Muhammad Ali est le produit de cette histoire de la boxe. La conjoncture historique des Noirs et le génie d’Ali pour ce sport furent le mélange parfait qui produisit+ THE GREATEST+. »

(Sybille Titeux de la Croix, préface à « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Black champion »

(Sybille Titeux et Amazing Améziane, « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Libre d’être et de penser »

« Je n’ai pas à être ce que vous voulez. Je suis libre d’être et de penser ce que je veux. »

(Sybille Titeux et Amazing Améziane, « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« I am The Greatest! »

(Sybille Titeux et Amazing Améziane, « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Poète, prophète, sauveur du monde de la boxe

(Sybille Titeux et Amazing Améziane, « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Rapide, toujours en mouvement, puncheur

(Sybille Titeux et Amazing Améziane, « Muhammad Ali »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Et parmi les pans de l’Histoire ou clins d’oeil à l’Histoire enchâssés dans cet ouvrage, notons « Strange Fruit » (« Fruit étrange ») de Billie Holliday.

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(Photo : Coumba Sylla)

Cette chanson a été interprétée par Billie Holiday pour la première fois en 1939 à New York, selon la littérature. Elle provient d’un poème – publié en 1937 – d’un enseignant juif d’origine russe, également auteur, Lewis Allan. Lewis Allan est le pseudonyme d’Abel Meeropol (Abel Meeropolsky).

Billie Holiday chante « Strange Fruit » en live en 1959 (vidéo de Reelin’ In The Years Productions). ⇓

[Si la vidéo intégrée ne marche pas, voir ici.]

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Coumba Sylla

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A toutes fins utiles…

Après le décès de Muhammad Ali, il y a eu des écrits à foison pour lui rendre hommage. Je n’en ai lu que quelques-uns, et dans ce lot, un de mes préférés est un texte signé du journaliste sénégalais Tidiane Kassé – son nom complet est Mouhamadou Tidiane Kassé, une des belles plumes du Sénégal. (Qu’est-ce qu’il écrit bien !) M. Kassé est éditeur, consultant média, formateur et notamment rédacteur en chef de l’édition française de la plate-forme panafricaine Pambazuka News.

L’article en question a été publié par Walfadjri le 10 juin 2016, jour des obsèques du boxeur américain. Il a également été mis en ligne par OuestAf News, où l’on peut toujours le lire (et lire Tidiane Kassé est un bonheur, vraiment) : « Inhumation de Muhammad Ali – Le dernier salut d’une Amérique hypocrite ».

Extrait :

« … Muhammad Ali était un rêve incarné. On se couchait avec lui en dansant comme un papillon et on allait à l’école le matin en traçant des moulinets dans les airs. Directs, crochets, esquives… On se rêvait Ali. Belles années 60. De Muhammad Ali, on ne connaissait encore que les photos. Elégant, puissant, déterminé. On a grandi alors qu’il construisait sa légende. Celle d’un être éclairé par sa lucidité, sa pugnacité et sa révolte.

(…)

Ce vendredi [10 juin 2016, NDLR], on enterre donc Muhammad Ali à Louisville, dans le Kentucky. Là où il est né en 1942. Mais ce n’est pas un homme qu’on ensevelit, pas même une légende. On met simplement sous terre une Histoire. Elle continuera de fleurir. »

C.S.

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(Photo : Coumba Sylla)

 

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