Lectures du vendredi 15 juin 2018

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(Photo : Coumba Sylla)

 

 

  • « En braconnant à travers l’Afrique » par Alain Gnemmi dans « Le plaisir des mots – Cette langue qui nous habite », sous la direction de Gérald Cahen , Editions Autrement, Série Mutations n°153, 1995.

Alain Gnemmi est professeur de Lettres et responsable des Editions Aspect (Association pour la promotion des écritures contemporaines).

 

 

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EXTRAITS

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(Photo : Coumba Sylla)

Trésors des langues africaines

« A tous ceux qui écrivent en langue africaine.

A tous ceux qui se battent depuis longtemps pour la reconnaissance de la littérature, de la culture, de la philosophie et des autres trésors dont les langues africaines sont riches. »

(Ngugi wa Thiong’o, « Décoloniser l’esprit »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Les vrais puissants »

« Les vrais puissants sont ceux qui savent leur langue maternelle et apprennent à parler, en même temps, la langue du pouvoir. »

(Ngugi wa Thiong’o, préface en 2010 à l’édition française de « Décoloniser l’esprit »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Mon adieu à l’anglais » écrit

« Ce livre, +Décoloniser l’esprit+, achevé en 1986, est mon adieu à l’anglais pour quelque écrit que ce soit. A partir de maintenant, plus rien que le kikuyu et le kiswahili. »

(Ngugi wa Thiong’o, « Décoloniser l’esprit »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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La musique de la langue

« Nous apprenions de cette façon le prix du vocabulaire et des nuances. La langue ne se réduisait pas à une suite de mots. Elle avait un pouvoir de suggestion qui excédait largement sa signification immédiate. (…) Nous n’apprenions pas seulement le sens de notre langue, nous savourions sa musique. »

(Ngugi wa Thiong’o, « Décoloniser l’esprit »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Triomphe définitif d’un système de domination »

« C’est le triomphe définitif d’un système de domination, quand les dominés se mettent à chanter ses vertus. »

(Ngugi wa Thiong’o, « Décoloniser l’esprit »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Rengaine » de l’unilinguisme

« … la sacro-sainte devise de la laïcité : une seule Nation, un seul Etat, une seule langue (…). C’était la rengaine de l’école de Jules Ferry, entonnée à l’unisson dans la classe politique et reprise à présent par les partisans du français, de son génie et de son rayonnement. »

(Alain Gnemmi, « En braconnant à travers l’Afrique » dans « Le plaisir des mots »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Erreurs de « la francophonie bien-pensante »

« … notre monolinguisme passe déjà pour une exception hors des frontières, dans les pays voisins de la Communauté [européenne] : Belgique, Pays-Bas, Suisse. La première erreur de la francophonie bien-pensante, c’est de considérer le monolinguisme comme un facteur de progrès humain, un remède contre la cacophonie internationale, un critère sans défaut pour apprécier le développement d’un autre pays. En fait, l’harmonie française n’est qu’une façade. Elle va à l’encontre de l’évolution observée dans le monde où les langues se moquent des frontières, font pression sur elles par leur propre vitalité. Aucun pays ne parle d’une seule voix une seule langue.

La seconde erreur consiste à confondre parole et patrimoine. Certes, une langue reflète une tradition culturelle, une manière de voir, un outillage mental caractéristique d’un groupe. Mais jusqu’à un certain point. Pas de façon durable et surtout pas quand, en raison de son audience et de la prolifération de ses locuteurs, cette langue prend une dimension véhiculaire. »

(Alain Gnemmi, « En braconnant à travers l’Afrique » dans « Le plaisir des mots »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Gymnastique des langues »

Un Africain est « rompu depuis l’enfance à la gymnastique des langues », il « passe avec souplesse de sa langue maternelle à un autre véhiculaire : parler africain ou français local. L’Africain est bilingue. Il l’a toujours été. Avant et même pendant la colonisation ».

(Alain Gnemmi, « En braconnant à travers l’Afrique » dans « Le plaisir des mots »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Photographie instantanée »

« Chaque langue donne une photographie instantanée de son locuteur comme du contexte géographique et humain dans lequel il évolue. »

(Alain Gnemmi, « En braconnant à travers l’Afrique » dans « Le plaisir des mots »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Coumba Sylla

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