Lectures du vendredi 4 janvier 2019 : Annie Ernaux, Nancy Huston

Pour janvier 2019, j’adopte #VendrediLectureFemmes. J’ai décidé de consacrer mes #VendrediLectures de tout ce premier mois de la nouvelle année à des livres écrits par des femmes. Pourquoi ? Pourquoi pas !

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(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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Extraits

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(Photo : Coumba Sylla)

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Interdite d’ambition

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(Photo : Coumba Sylla)

« Ma grand-mère faisait la loi et veillait par des cris et des coups à +dresser+ ses enfants. C’était une femme rude au travail, peu commode, sans autre relâchement que la lecture des feuilletons. Elle savait tourner les lettres et, première du canton au certificat, elle aurait pu devenir institutrice. Les parents avaient refusé qu’elle parte du village. Certitude alors que s’éloigner de la famille était source de malheur. (En normand, +ambition+ signifie la douleur d’être séparé, un chien peut mourir d’ambition.) »

(Annie Ernaux, « Une femme »)

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Faire renaître sa mère

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(Photo : Coumba Sylla)

« Il me semble maintenant que j’écris sur ma mère pour, à mon tour, la mettre au monde. »

(Annie Ernaux, « Une femme »)

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« Rien n’était plus beau que le savoir »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Elle écoutait avec attention tous les gens qui parlaient de ce qu’elle ignorait, par curiosité, par envie de montrer qu’elle était ouverte aux connaissances. S’élever, pour elle, c’était d’abord apprendre (elle disait, +il faut meubler son esprit+) et rien n’était plus beau que le savoir. Les livres étaient les seuls objets qu’elle manipulait avec précaution. Elle se lavait les mains avant de les toucher. »

(Annie Ernaux, « Une femme »)

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« Refuser la pauvreté »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Je vivais ma révolte adolescente sur le monde romantique, comme si mes parents avaient été des bourgeois. Je m’identifiais aux artistes incompris. Pour ma mère, se révolter n’avait eu qu’une seule signification, refuser la pauvreté, et qu’une seule forme, travailler, gagner de l’argent et devenir aussi bien que les autres. D’où ce reproche amer, que je ne comprenais pas plus qu’elle ne comprenait mon attitude : +Si on t’avait fichue en usine à douze ans, tu ne serais pas comme ça. Tu ne connais pas ton bonheur+. Et encore, souvent, cette réflexion de colère à mon égard : +Ca va au pensionnat et ça ne vaut pas plus cher que les autres+.

A certains moments, elle avait dans sa fille en face d’elle, une ennemie de classe. »

(Annie Ernaux, « Une femme »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Si peu de discours misandres » par des femmes

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(Photo : Coumba Sylla)

« Un jour, dans un livre d’entretiens de [Thomas] Bernhard avec la journaliste Krista Fleischmann, je tombai sur une diatribe misogyne ; or j’affectionne, quand elles sont bien enlevées, les diatribes misogynes, elles m’amusent et me font réfléchir (on pourrait s’étonner, soit dit en passant, de ce que les femmes aient écrit si peu de discours misandres… alors qu’il y aurait de quoi, Dieu sait qu’il y aurait de quoi) – bref celle-ci, de Bernhard donc, était enlevée et drôle, l’écrivain était en forme ce jour-là, il s’adonnait à sa spécialité qui est l’exagération. »

(Nancy Huston, « Professeurs de désespoir »)

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Dualité

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(Photo : Coumba Sylla)

« +L’homme (…) est bon et mauvais, disait George Sand. Mais il est quelque chose encore : la nuance, la nuance qui est pour moi le but de l’art.+

La littérature contemporaine aurait-elle renoncé à ce but-là ? »

(Nancy Huston, « Professeurs de désespoir »)

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« Désenchantement du monde »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Au XXe siècle, le +désenchantement du monde+ n’a fait que s’accentuer. Les sciences modernes – théorie de l’évolution, génétique, sociologue, psychanalyse – révèlent le rôle joué dans la fabrication de nos précieuses individualités par des forces sur lesquelles nous n’avons aucune prise. C’est traumatisant… Mais, on l’oublie trop souvent – j’oserais même dire qu’on l’oublie toujours -, C’EST SURTOUT TRAUMATISANT POUR LES HOMMES. Dans nos sociétés, en effet, les hommes se trouvent nettement plus +désenchantés+ que les femmes.

Eh oui, soupire Déesse Suzy. Je le vois bien : ILS ONT DU MAL, LES HOMMES MODERNES. »

(Nancy Huston, « Professeurs de désespoir »)

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Discrimination

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Quand une jeune fille a ses règles pour la première fois, on lui dit : +Maintenant tu peux devenir mère+. Mais quand le jeune garçon a ses premières émissions nocturnes, on ne lui dit pas : +Maintenant tu peux devenir père+… alors que c’est le cas ! Tout se passe comme si le garçon n’était PAS lié, par son corps, à l’espèce et à la fécondité. Comme s’il n’était qu’individu, érotisé, toujours prêt à faire l’amour. »

(Nancy Huston, « Professeurs de désespoir »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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A toutes fins utiles…

> Extraits de « Dolce agonia » de Nancy Huston (Ed. Actes Sud, 2001) ici et ici.

> Extrait de la préface de Nancy Huston à « Cette maudite race humaine » de Mark Twain (Ed. Actes Sud, 2018) ici.

Coumba Sylla

@ Bamako

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