Lectures du vendredi 27 octobre 2017 : Felwine Sarr, Henri Roorda

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(Photo : Coumba Sylla)

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  • « Ishindenshin – De mon âme à ton âme » de Felwine Sarr, Editions Mémoire d’encrier, 2017.
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(Photo : Coumba Sylla)

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Recueil de chroniques de Roorda publiées de 1917 à 1925.

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(Photo : Coumba Sylla)

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Extraits

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(Photo : Coumba Sylla)

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Lutte et prédation

« Nous vivons une profonde crise de la RELATIONALITE. Nous n’envisageons pas l’espace relationnel comme celui d’une fécondité nourricière, d’un enrichissement mutuel ou d’un jeu à somme positive. C’est le lieu d’une lutte sans merci pour prélever, agglomérer à soi, ingérer, phagocyter. La relation est devenue le lieu par excellence de la lutte et de la prédation. »

(Felwine Sarr, « Habiter le monde »)

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« Pleinement habiter les histoires et les cultures de l’humanité »

« Habiter le monde, c’est se concevoir comme appartenant à un espace plus large que son groupe ethnique, sa nation, le continent qui vous a vu naître, ceux qui ont la même couleur d’yeux que vous, ceux avec qui vous partagez le même niveau de richesse, le groupe culturel initial dont on est issu. C’est pleinement habiter les histoires et les cultures de l’humanité : endosser ses multiples visages, se sentir héritier des gisements de sens provenant de ses cultures plurielles. (…) Habiter les cultures du monde comme on se promène dans une garde-robe riche de différents vêtements pour toutes les saisons. »

(Felwine Sarr, « Habiter le monde »)

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(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

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Pardonner (pour) l’impardonnable

ISARO – Imana (Dieu), s’il veut, peut sauver ton âme. Nous l’avions oublié et, durant cette saisons sèche, il s’est absenté. Le gouvernement peut t’amnistier, s’il le décide. Personne ne peut nous prescrire le pardon, même pas Imana !

FAUSTIN – Tantie, il n’y a que l’impardonnable qui puisse être pardonné.

(Felwine Sarr, « La barrière » dans « Ishindenshin »)

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Chacun a sa paix à soi

« Je me méfie de ceux qui prétendent faire le bonheur des autres. Je me méfie aussi de la politique quand elle s’emploie à faire LE BONHEUR DU PEUPLE. »

« Ma paix n’est ni une recette de cuisine, ni un uniforme qui sied à la multitude. Elle repose au fond de l’océan qu’est mon âme. »

(Felwine Sarr, « Pourquoi je suis poète ! (La tentation d’être) » dans « Ishindenshin »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« En sortant de l’animalité »…

« On nous conseille de revenir à la vie simple. Mais est-ce possible ? Il faut que les produits compliqués qui remplissent les magasins s’écoulent et que dans les fabriques, les machines continuent à fonctionner.

La situation s’aggrave, car nos besoins se compliquent de plus en plus. (…)

En sortant de l’animalité, l’humanité savait-elle bien à quoi elle s’exposait ? »

(Henri Roorda, « La cherté de la vie » dans « Les saisons indisciplinées ». Le texte a été publié à l’origine dans La Tribune de Lausanne le 29 avril 1917.)

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« Deux attitudes dignes d’un homme sérieux » : rire ou pleurer

« Suis-je un homme sérieux ? Il y a des moments, quand je me compare à certains citoyens, où je serais tenté de répondre oui. Mais il y a d’autres minutes où cela ne me serait pas possible. Je suis probablement comme vous. Tantôt, j’ai envie de m’amuser ; tantôt, je suis plein de tristesse. J’éprouve aussi, assez fréquemment, le besoin de dire mon sentiment aux sinistres farceurs qui trompent les peuples ; mais je comprends très vite que ma véhémence serait inutile et je me mets à rire. (…)

Est-ce dans les moments où l’on croit être sérieux qu’on l’est le plus ? Qu’est-ce qui est sérieux et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Sont-ils sérieux, ces vieux messieurs qui voudraient que l’on prenne leur gravité pour de la profondeur ? Quand la vie vient nous montrer la fragilité de nos idées les plus chères, nous pouvons prendre deux attitudes, également dignes d’un homme sérieux : rire comme une vache, ou pleurer comme un veau. »

(Henri Roorda, « Soyons sérieux ! » dans « Les saisons indisciplinées ». Le texte a été publié à l’origine dans La Tribune de Lausanne le 11 novembre 1917.)

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« Tout sera beau »

« On l’a dit : le Beau est la splendeur du Vrai. Or, jusqu’à présent, nous n’avons pas pu reconnaître que le Vrai est splendide, car l’artiste se mettait devant. Qu’il aille se coucher ; et il n’y aura plus de choses belles et d’autres qui ne le seront pas. Tout sera beau. A l’avenir, chaque Jocond aura sa Joconde. »

(Henri Roorda, « L’art à l’école » dans « Les saisons indisciplinées ». Le texte a été publié à l’origine dans La Tribune de Lausanne le 25 novembre 1917.)

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« Leurs colossalletés (pour ne pas dire leurs bochonneries) »

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, en juillet 1914, dans les Chancelleries où quelques conducteurs de peuples préparaient leurs colossalletés (pour ne pas dire leurs bochonneries). On doit supposer que quelques hommes d’Etat européens voulurent la guerre et que d’autres furent forcés de l’accepter. Mais, quoi qu’il en soit, avant de prendre les décisions suprêmes, ni les uns, ni les autres ne consultèrent leurs paisibles concitoyens. »

(Henri Roorda, « L’efficacité de l’organisation » dans « Les saisons indisciplinées ». Le texte a été publié à l’origine dans La Tribune de Lausanne le 3 février 1918.)

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Coumba Sylla

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