Lectures du vendredi 29 mars 2019 : anthologie « L’Afrique qui vient »

(Photo : Coumba Sylla)
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Avec des textes de : Alaa Al Aswany (ou Alaa El Aswany), Edem Awumey, Yahia Belaskri, Breyten Breytenbach, No Violet Bulawayo, Brian Chikwava, Teju Cole, Florent Couao-Zotti, Mia Couto, Abdulrazak Gurnah, Helon Habila, Lieve Joris, Henri Lopes, Julien Mabiala Bissila, Kopano Matlwa, Niq Mhlongo, Léonora Miano, Wilfried N’Sondé, Chimamanda Ngozi Adichie, Makenzy Orcel, Boualem Sansal, Noo Saro-Wiwa, Felwine Sarr, Sami Tchak, Abdourahman A. Waberi, Binyavanga Wainana.

(Photo : Coumba Sylla)
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Extraits

(Photo : Coumba Sylla)
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« Des rituels de méfiance »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Des rituels de méfiance, dis-je. Voilà ce qui nous lie les uns aux autres ici, des rituels de méfiance. Tu sais, j’observe attentivement la jauge quand je prends de l’essence pour être sûre que le pompiste ne l’a pas tripatouillée. On connaît les règles, on les observe et il n’y a plus de place pour ce que nous n’avons pas imaginé. On ferme la porte trop tôt. »

(Chimamanda Ngozi Adichie, « Chants d’oiseaux » dans « L’Afrique qui vient »)

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La vie, « ce fruit juteux »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Les femmes de sa génération s’étaient battues pour pouvoir respirer un peu, croquer, elles aussi, un morceau de ce fruit juteux qu’était la vie. Leurs filles, qui avaient tout reçu sur un plateau, semblaient s’ingénier à se morfondre. Pas d’homme. Quel sens cela avait-il ? Les hommes étaient faciles. Inutile de s’épuiser en fitness pour les séduire. Il suffisait de s’ouvrir. De s’offrir. Ils tombaient comme des mouches. En redemandaient dès lors qu’on n’exigeait rien d’eux. »

(Léonora Miano, « Palma-christi » dans « L’Afrique qui vient »)

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« Trente ans, c’est pour mûrir »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Trente ans et déjà fini, sans ressort. Trente ans, c’est pour mûrir, non pas mourir d’offenses et de brutalités. Non plus s’éteindre lorsque le vent se lève. Trente ans, c’est pour courir, à perdre haleine, rendre gorge, se fracasser, se relever, puis se dépasser. »

(Yahia Belaskri, « Supplique au vent » dans « L’Afrique qui vient »)

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Esprits « menottés » par la peur

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« A force d’être punies pour soi-disant raconter n’importe quoi en classe, certaines finissaient, eh bien, par ne plus ouvrir la bouche.

Ainsi nous sommes passés du CP au CE1, au CE2 et cette fois, ce n’étaient plus les mains, les poignets et les chevilles qui étaient menottés, mais les esprits. Ce n’étaient plus les PASS-BOOKS qui nous empêchaient de nous déplacer librement, mais la peur ; la peur parce que nous commencions à croire que ce que nous étions était insuffisant. »

(Kopano Matlwa, « Lucky Matilda » dans « L’Afrique qui vient »)

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L’amour « enflamme les coeurs qu’il veut »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Quel caprice nous fait-elle encore, celle-là, en s’imaginant que l’on se marie pour être heureuse. Le gars s’occupe bien d’elle, la nourrit bien, ne la bat pas, que veut-elle de plus ? »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« On ne désigne pas à l’amour ses objets, il enflamme les coeurs qu’il veut, choisit comme conducteur l’existence qui lui sied ; pour accomplir son oeuvre meurtrière, défoliante, transformatrice, régénératrice, il dévale les plaines et dévaste les champs qui lui plaisent. »

(Felwine Sarr, « Teibashin » dans « L’Afrique qui vient »)

Voir aussi ici.

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Enterrer les restes de son père

(Photo : Coumba Sylla)
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« … mon père [l’écrivain et militant écologiste nigérian Ken Saro-Wiwa, exécuté par pendaison en 1995 à Port Harcourt, dans le sud du Nigeria, avec huit autres responsables de son mouvement, NDLR] est enterré dans un champ qui appartient au village, façon de rendre hommage à son combat public. Après son exécution et celle de ses huit collègues perpétrées par le régime de Sani Abacha, on avait balancé son cadavre dans une fosse, sans cérémonie. Quelques années s’étaient écoulées avant de pouvoir récupérer ses restes mais, après les premières élections démocratiques, nous avions obtenu du gouvernement qu’il localise la fosse et que des examens médico-légaux permettent d’identifier les os.

En 2005, mon frère Junior, ma soeur Zina, ma demi-soeur Singto, mon oncle Owens et moi avions préparé les restes pour les enterrer. Alors que Junior sortait d’un grand sac les os de notre père, les hurlements de Zina retentissaient à l’autre bout de la pièce. Singto regardait en silence derrière le voile de ses larmes. J’avais décidé alors que ce serait mon esprit qui fixerait la limite jusqu’à laquelle le macabre pouvait aller, et je m’étais forcée à extraire un os emballé dans du papier journal. Notre oncle, docteur en médecine, nous avait aidés à identifier chaque os et à arranger fémurs, péronés, métacarpes et côtes, nous encourageant à mettre du coeur à l’ouvrage, au fur et à mesure que nous reconstitutions le squelette. »

(Noo Saro-Wiwa, « Retour au village » dans « L’Afrique qui vient »)

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Les « trous » des histoires familiales

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Toutes les histoires familiales sont pleines de trous, prodigues en secrets. La nôtre n’échappe pas à la règle. Tu es le fils qui a réussi, je reste le père qui a échoué. Normal, je suis de la génération des Indépendances africaines partout à la ramasse. »

(Abdourahman Waberi, « Allô, c’est Barack Obama » dans « L’Afrique qui vient »)

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« Ceux qui ne réfléchissent pas représentent la majorité »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« … j’essaie de comprendre. Les gens, ils aiment les faits divers. Ca ne fait pas réfléchir. Et ceux qui ne réfléchissent pas représentent la majorité. Souvent, ils sont riches. Or, l’objectif premier du patron du journal, c’est de vendre. Sinon, il perd son investissement. Le souci de bien informer vient après. Qu’on soit d’accord ou pas. »

(Makenzy Orcel, « L’autre côté du triangle » dans « L’Afrique qui vient »)

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(Photo : Coumba Sylla)
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Coumba Sylla

@ Dakar

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