Lectures du vendredi 7 décembre 2018

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

Livre dédié à son père, avec des néologismes (qui sonnent à mes oreilles) beaux et poétiques.

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(Photo : Coumba Sylla)

A toutes fins utiles…

« Saphia Azzeddine : +Je suis qui je suis. Si ça déplaît à quelqu’un, ce n’est pas mon problème+ », par Jade Le Deley, Le Bondy Blog, 13 novembre 2018.

« Pour être drôle, il faut être très intelligent, il faut avoir énormément de culture, et donc forcément quand on est intelligent, on préfère passer des messages de manière plus subtile. Et l’humour, c’est l’élégance suprême, de manière générale. »

« Je ne me suis jamais posée la question de quel message portaient mes livres et mes films. Un livre, c’est le lecteur ; un film, c’est le spectateur. Une fois qu’il n’est plus dans mes mains, il est dans les vôtres, et vous en faites ce que vous voulez. »

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Traduction : Emile Blémont (pour « Le journalisme dans le Tennessee ») et Gabriel de Lautrec (pour « Comment je devins directeur d’un journal agricole »). Publication originale : « Mark Twain’s Sketches, New and Old », The American Publishing Company, 1875.

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

Autre livre de Mark Twain évoqué sur cet espace : « Cette maudite race humaine » (Actes Sud, 2018. Préface : Nancy Huston).

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EXTRAITS

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Pour pouvoir pleurer en paix »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Mes brebis sont tout ce que j’ai. Non, j’ai ma mère aussi. Je l’aime, ma mère. Enfin, je ne suis pas sûre de l’aimer comme les autres gens aiment. Avec des sentiments et tout. Moi ma mère je l’aime parce qu’elle me fait pitié. Elle baisse toujours les yeux et marmonne dans sa barbe comme une folle. Parfois, elle récite le seul verset coranique qu’elle connaît et parfois elle parle à ses carottes. Elle met des oignons dans tous les plats ma mère, pour pouvoir pleurer en paix. »

(Saphia Azzeddine, « Confidences à Allah »)

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« Ne faire partie d’aucun souvenir »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Ce n’est pas Sidi Mohamed le problème, c’est un con et c’est pour la vie, non, le problème c’est que les gens comme moi on est le degré zéro de l’humanité, on n’a aucune valeur, si on meurt ça ne change rien. Personne ne me pleurera, personne ne demandera ce que je suis devenue, je ne ferai partie d’aucun souvenir. C’est abominable de ne faire partie d’aucun souvenir. Il faudrait que j’arrive à m’incruster sur une photo de famille, l’air de rien… Pour que j’apparaisse quelque part quand même. Même si c’est au loin en train de débarrasser la table. On ne m’a jamais prise en photo. »

(Saphia Azzeddine, « Confidences à Allah »)

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« Oublier tout ce qui est lourd »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Non, Allah, je ne peux pas prier pour ceux qui m’ont fait du mal alors je ne vais pas le faire car même si je faisais semblant, Tu le saurais. Et je n’ai jamais fait semblant, je ne vois pas l’intérêt puisque Tu vois tout. Parfois j’aimerais pouvoir faire un accident mais ne pas mourir. Juste devenir amnésique. Et oublier tout ce qui est trop lourd. Ce qui ne me laisse jamais tranquille, ce qui m’empêche de respirer avec mes deux poumons et ce qui m’empêche de rire avec toutes mes dents. Là je ne Te suis pas, Allah, impossible pour moi de prier pour eux. En plus je n’aurai jamais le temps, ils ont été tellement nombreux. Qu’ils aillent se faire foutre. »

(Saphia Azzeddine, « Confidences à Allah »)

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« Défier la misère » et  « la briser »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Je ne suis jamais à court d’idées pour défier la misère. Jamais je ne la laisserai gagner, cette salope qui s’empare de moi sans me consulter, cette misère qui rit de moi quand je suis à terre. Qui s’invite chez tout le monde en passant par la porte arrière. Mais moi je vais la briser avec ma tête désormais, mon corps est à court d’arguments. »

(Saphia Azzeddine, « Confidences à Allah »)

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(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

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« Un article d’une espèce particulièrement noueuse »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Il était en train de fumer un cigare et de chercher des phrases. En se passant la main dans les cheveux, il avait notablement dérangé l’harmonie de sa coiffure. Il avait l’air épouvantablement renfrogné ; je jugeai qu’il s’était mis à confectionner un article d’une espèce particulièrement noueuse. »

(Mark Twain, « Le journalisme dans le Tennessee » dans « Vive le journalisme ! »)

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Rédacteur en chef impitoyable

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(Photo : Coumba Sylla)

« Je tendis le manuscrit au rédacteur en chef pour qu’il décidât de son sort, l’acceptât, le corrigeât ou le détruisît. Il le regarda, et sa figure se couvrit de nuages. Il parcourut les pages de haut en bas, et sa figure devint inquiétante. (…)

Jamais je ne vis une plume égratigner et écorcher le papier à droite et à gauche sur sa route avec autant de vice, ni labourer aussi implacablement les verbes et les adjectifs d’autrui. »

(Mark Twain, « Le journalisme dans le Tennessee » dans « Vive le journalisme ! »)

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Docteur en nullité mention très bien

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(Photo : Coumba Sylla)

« Votre remarque que les moules restent calmes quand on leur fait de la musique est tout à fait superflue. Rien ne trouble la sérénité des moules. Les moules sont toujours calmes. Les moules ne se préoccupent en aucune façon de la musique. (…) Si vous aviez fait de l’acquisition de l’ignorance l’étude de votre vie, vous n’auriez jamais pu passer vos examens de doctorat en nullité plus brillamment qu’aujourd’hui. Je n’ai jamais rien vu de pareil. »

(Mark Twain, « Comment je devins directeur d’un journal agricole » dans « Vive le journalisme ! »)

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Faut-il vraiment savoir quelque chose pour écrire dans un journal ?

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(Photo : Coumba Sylla)

– Oh ! Pourquoi ne m’avoir pas dit que vous ignoriez tout de l’agriculture ?

– Pourquoi, épi de maïs, tête d’artichaut, enfant de chou-fleur ! Mais c’est la première fois qu’on me fait des observations aussi ridicules. Je vous dis que je suis dans le journalisme depuis quatorze ans, et je n’ai jamais entendu dire qu’il faille savoir quelque chose pour écrire dans un journal. Espèce de navet !

(Mark Twain, « Comment je devins directeur d’un journal agricole » dans « Vive le journalisme ! »)

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(Photo : Coumba Sylla)
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Coumba Sylla

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