Lectures du vendredi 27 juillet 2018

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

Première publication : Editions Stock, 1997.

Le livre existe aussi en version numérique, un e-book publié par les Editions Philippe Rey en 2009.

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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EXTRAITS

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(Photo : Coumba Sylla)

« Cette sauvage envie de solitude à deux »

« Nous étions devenus, peu à peu, prisonniers de nos longs et lourds silences. (…) L’idée qu’il fallait à présent me forcer, rien que pour lui adresser la parole, me plongeait dans un profond désarroi et, avant de pouvoir retrouver une certaine innocence, je tenais à savoir d’où nous était venue cette sauvage envie de solitude à deux. Mais, à force de me demander quand et où le fil s’était brisé, je m’égarais dans le labyrinthe de notre passé et je redevenais encore plus silencieux. »

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Vivre en couple, « cette aventure étrange et un peu douloureuse »

« Même s’il se refusait à l’admettre, il était resté un idéaliste, cherchant dans chaque femme une expression de l’absolu, que l’on ne mérite que par la patience. Dans son esprit, il n’était pas question d’amour idéal. Non, cela n’avait rien à voir, non plus, avec les lourdeurs imbéciles de la chair. Il guettait l’absolu dans l’instant où le geste est pareil au vent : un mouvement des paupières, une lueur dans le regard, une façon de se passer la main sur les cheveux, n’importe quoi, il guettait un signe, le geste qui ne se reproduirait plus jamais, un instant fugace et qui, par cela même, dévoilerait la totalité de l’être. L’absolu : la mort ? Il lui fallait cet aveu. Alors seulement il oserait poser sa valise par terre et se risquer enfin à cette aventure étrange et un peu douloureuse qui s’appelle vivre avec une autre personne. »

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Canaille sculptée

– Comment as-tu donc fait pour réaliser une oeuvre aussi ressemblante ?
– Elle ressemble à qui, d’après toi ?
– Au Cavalier, bien sûr.
– Je ne te comprends pas. Cette oeuvre ne ressemble à personne, puisqu’il n’existe aucun portrait de votre Cavalier.
– Pourtant, j’ai eu l’impression que c’était le Cavalier…
– … le Cavalier que tu n’as jamais vu. Tu verras, la ressemblance sera encore plus saisissante quand ce sera tout à fait terminé.
– Mais comment as-tu donc fait ?
– Ce n’est pas difficile, il m’a suffi de penser à une quelconque canaille, c’est tout. Nous connaissons tous des canailles et j’ai eu l’un d’eux constamment à l’esprit en faisant ce travail. Voilà ma méthode artistique.

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)
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(Photo : Coumba Sylla)

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Ici, « nous aimons les choses miraculeuses »

– Allons, allons, les statues ne marchent plus, c’est fini, ça !
– Ici à Nimzatt, mon petit, nous n’avons pas été à l’école et nous aimons les choses miraculeuses, d’accord ? Et toi, si tu continues à faire le malin, on te grille les c*uilles, OK ?
– OK.

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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La soeur du chiot est une chiotte

« A mon arrivée, (…) l’Homme de Cro-Magnon était entouré par une foule d’admirateurs. Il racontait à ses auditeurs ébahis le dernier exploit de Dieng Mbaalo, le légendaire Cavalier. Il leur disait comment, par une nuit de violent orage, il y avait de cela au moins mille ans, l’intrépide Dieng Mbaalo livra, dans un lieu de débauche appelé le +Croque-Manioc+, un combat singulier et victorieux contre une immense chiotte. +Une chiotte ?+ lança une voix avinée et gouailleuse. Tu débloques, mon frère, alors là tu débloques carrément, my brother !+. Sans se démonter, le joueur de kora expliqua qu’il était impossible, à sa connaissance, de nommer autrement la soeur du chiot. »

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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Crasse séculaire

« Les oiseaux s’enfuient en poussant des cris de frayeur. Quant aux années, elles ne vont plus en ligne droite, hier et demain se heurtent. Parfois, elles frôlent des mottes de terres vertes et douces mais, saisies par le désir de soleils naissants, reviennent sur leurs pas. Et sur l’avenir, chaque siècle qui passe chie un peu de haine et il pleut sur l’univers du feu et du sang. »

(Boubacar Boris Diop, « Le Cavalier et son ombre »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Pourquoi ton boulot à toi, c’est de regarder la télé et moi, c’est d’aller à l’école ?! »

(Stéphanie Janicot et Catel, « Chroniques burlesques d’une journaliste »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Ce métier n’est pas toujours ingrat. En tout cas, pour le roman que j’ai l’intention d’écrire un jour, une chose est certaine, ce ne sera pas un thriller, je serais capable de me terroriser moi-même ! »

(Stéphanie Janicot et Catel, « Chroniques burlesques d’une journaliste »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Mais pourquoi donc ai-je accepté ce papier ? »

(Stéphanie Janicot et Catel, « Chroniques burlesques d’une journaliste »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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– Tu sais bien qu’en période électorale, les pages Culture fondent comme du sucre…

– Je sens que ça va être salé pour moi !

(Stéphanie Janicot et Catel, « Chroniques burlesques d’une journaliste »)

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(Photo : Coumba Sylla)

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« C’est vraiment une idée de rédac’ chef, ça ! »

(Stéphanie Janicot et Catel, « Chroniques burlesques d’une journaliste »)

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(Photo : Coumba Sylla)

Coumba Sylla

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A toutes fins utiles…

◊ Boubacar Boris Diop est professeur de littérature et de philosophie, écrivain…

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(Photo : Coumba Sylla)

… mais aussi scénariste, journaliste et éditeur. Il est « l’homme derrière EJO », une maison d’édition lancée récemment au Sénégal, qui a choisi « de publier dans les langues africaines ». Selon son site, « EJO est un mot kinyarwanda qui a la particularité de signifier à la fois hier et demain ».
Le premier livre du catalogue d’EJO est « Bàmmeelu Kocc Barma » [La tombe de Kocc Barma »], de Boubacar Boris Diop (deuxième livre en wolof du même auteur, après « Doomi golo » [Les petits de la guenon]).

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« De l’authenticité des mensonges chez Boubacar Boris Diop » par Christiane Ndiaye dans « Nouvelles écritures francophones : Vers un nouveau baroque ? », Presses de l’Université de Montréal, 2001.

« Les romans de [Boubacar Boris] Diop sont impressionnants, en premier lieu, par le fait même qu’ils intègrent presque toutes les caractéristiques que la critique a pu associer au baroque. »

« On peut noter, par exemple, le goût de la métamorphose (…). Cela implique en même temps la coexistence de plusieurs registres : le profane et le sacré (…) », mais aussi la fusion « des images appartenant au passé, au présent et à l’avenir, produisant un effet de télescopage qui abolit la linéarité du temps et le rend également hétérogène », ainsi que le recours « à la technique de la représentation des représentations, à la mise en scène du spectacle ».

« A travers cette architecture extravagante des textes de Diop, transparaît un questionnement philosophique (sinon métaphysique) fondamental, dont on sait qu’il a toujours été sous-jacent aussi à plusieurs genres des littératures orales : comment faut-il vivre ? »

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◊ Stéphanie Janicot est journaliste et écrivaine.

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(Photo : Coumba Sylla)

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(Photo : Coumba Sylla)

C.S.

3 commentaires sur “Lectures du vendredi 27 juillet 2018

  1. Merci pour les extraits du « Cavalier et son ombre ». Je viens de télécharger la version numérique. Ce sera mon troisième Boris après, Les traces de la meute et Murambi….

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