Lecture du vendredi 5 avril 2019 : Aravind Adiga

Traduction : Annick Le Goyat.

(Photo : Coumba Sylla)
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A propos de l’auteur

(Photo : Coumba Sylla)
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Extraits

(Photo : Coumba Sylla)
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A quelques kilomètres du lieu de naissance du bouddhisme…

(Photo : Coumba Sylla)
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« … Laxmangarh, dans le district de Gaya.

C’est un district célèbre dans le monde entier. Il a façonné l’histoire de votre nation, monsieur Jiabao. Vous avez sûrement entendu parler de Bodh Gaya, la ville où le Bouddha s’est assis sous un arbre et a atteint l’illumination. Le bouddhisme est né là, avant de se propager à travers le monde, y compris en Chine. Dans mon district ! A quelques kilomètres de Laxmangarh !

Je me demande si le Bouddha a traversé Laxmangarh – certains le croient. Moi, je pense qu’il l’a traversé en courant – aussi vite que possible – et que, une fois de l’autre côté, il ne s’est pas retourné ! »

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« J’ai toujours cru aux bienfaits de l’éducation »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« A Laxmangarh, au lieu de nettoyer les tables et d’écraser le charbon pour le four du tea-shop, je passais mon temps à espionner les conversations des clients. J’avais décidé de compléter mon éducation de cette manière – c’est une qualité que je me reconnais. J’ai toujours cru aux bienfaits de l’éducation – surtout la mienne. »

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« Deux castes » et « deux destins »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Mon père n’eut pas le courage de se battre. Voilà pourquoi il tomba si bas, dans la boue, au rang de conducteur de rickshaw. Voilà pourquoi j’ai été spolié de mon destin de garçon gras et affable, au teint crémeux.

En résumé, il y avait autrefois mille castes et destins en Inde. De nos jours, il ne reste que deux castes : les Gros Ventres et les Ventres Creux.

Et deux destins : manger ou être mangé. »

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« Pas d’âge »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

– Nom ?

– Balram Halwai.

– Age ?

– Pas d’âge.

– Tu n’as pas de date de naissance ?

– Non, monsieur. Mes parents ne l’ont pas notée.

– Je pense que tu as dix-huit ans. Tu viens d’avoir dix-huit ans aujourd’hui. Tu avais juste oublié, c’est ça ?

– Oui, monsieur, c’est ça. J’avais oublié. C’est aujourd’hui mon anniversaire.

– Tu es un bon garçon.

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Parmi les « trois maladies majeures » du pays, « la fièvre électorale »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Maintenant que la date du scrutin avait été fixée et annoncée à la radio, la fièvre électorale se propageait à nouveau. Il existe trois maladies majeures dans ce pays, monsieur : la typhoïde, le choléra et la fièvre électorale. Cette dernière est la pire. Elle fait beaucoup parler les gens de choses sur lesquelles ils n’ont pas voix au chapitre. »

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« Vivre comme un homme »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« +Toute ma vie, on m’a traité comme un bourricot. Je veux qu’un de mes fils – au moins un – vive comme un homme.+

Que signifiait vivre comme un homme ? Mystère. J’imaginai que c’était mener le même genre d’existence que Vijay, le conducteur de bus. Le bus faisait halte une demi-heure à Laxmangarh. Les passagers descendaient et le chauffeur allait boire un thé. Pour nous tous qui travaillions dans le tea-shop, c’était une personnalité. Nous admirions son uniforme kaki de la compagnie d’autobus, son sifflet d’argent suspendu à sa poche par un cordonnet rouge. Tout en lui clamait la réussite. »

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« La valeur de la liberté »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Les hommes libres ne connaissent pas la valeur de la liberté, voilà le problème. »

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Delhi, « ville folle »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« … Delhi.

La capitale de notre glorieuse nation. Le siège du Parlement, de la Présidence, de tous les ministres et Premiers ministres. Le fer de lance de notre urbanisme. La vitrine de la République.

Du moins, c’est ainsi qu’on la nomme.

Mais permettez à un chauffeur de vous dire la vérité. Delhi est une ville folle. »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« A Delhi, chaque rue a un nom : Aurangzeb Road, Humayun Road, Archbishop Makaios Road. Mais personne, maître ou serviteur, ne connaît ces noms. Vous demandez à quelqu’un : +Où se trouve Nikolai Copernicus Marg ?+ Même s’il habite Nikolai Copernicus Marg depuis toujours, il vous regarde d’un air ahuri et grogne +Hein ?+. Ou alors, il vous répond : +Tout droit, puis à gauche+, même s’il n’en a pas la moindre idée. »

(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

« Qui a construit Delhi sur un plan aussi délirant ? Je vous le demande. Quels sont les génies qui ont placé le Bloc F après le Bloc A, le numéro 69 après le numéro 12 ? Etaient-ils trop occupés par ailleurs à faire la fête, s’abreuver de whisky, promener et toiletter leurs loulous de Poméranie, pour choisir des noms de rues dont personne ne peut se souvenir ? »

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(Photo : Coumba Sylla)
(Photo : Coumba Sylla)

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Coumba Sylla

@ Dakar

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A toutes fins utiles…

VIDEO. Aravind Adiga en 2009 à propos, notamment, du « Tigre blanc »« The White Tiger », dans sa version originale (Free Press, 2008) – qui a obtenu en 2008 le prix Booker (ou Man Booker). Film en anglais. Source : chaîne YouTube du prix Booker.

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C.S.

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