Lectures du vendredi 16 mars 2018

 

  • Comme la semaine dernière, « Le Monde de Sophie » de Jostein Gaarder, Editions Points 2 (collection Pointdeux), 2012. (Première publication : 1991)
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(Photo : Coumba Sylla)

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EXTRAITS

* Nouveaux extraits du « Monde de Sophie »

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(Photo : Coumba Sylla)

« Former notre propre jugement »

« Inutile de chercher dans une encyclopédie s’il existe un dieu ou s’il y a une vie après la mort. L’encyclopédie ne nous renseigne pas non plus sur la façon dont nous devons vivre. Mais lire ce que d’autres hommes ont pensé peut nous aider à former notre propre jugement sur la vie. »

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Le monde demeure mystérieux

« Un philosophe, c’est quelqu’un qui n’a jamais vraiment pu s’habituer au monde. Pour le philosophe, homme ou femme, le monde reste quelque chose d’inexplicable, de mystérieux et d’énigmatique. Les philosophes et les petits enfants ont par conséquent une grande qualité en commun. »

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Histoire jalonnée par des hommes

« Car un philosophe ne s’intéresse pas à toutes les questions philosophiques à la fois.

Je dis +un+ et non +une philosophe+, car l’histoire de la philosophie est jalonnée par des hommes. Les femmes ont été opprimées en tant que femmes et aussi comme être pensants. C’est dommage, car de cette manière, nous avons perdu beaucoup de précieux témoignages. Ce n’est qu’au XXe siècle que les femmes ont enfin pu prendre une place dans l’histoire de la philosophie. »

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« Avec sa propre raison »

« Sophie trouva que la philosophie, c’était vraiment génial, car elle pouvait suivre toutes ces idées avec sa propre raison, sans avoir besoin de se rappeler ce qu’elle avait appris en classe. Elle en vint à la conclusion que la philosophie n’était pas vraiment quelque chose qu’on peut apprendre, mais qu’on pouvait peut-être apprendre à PENSER de manière philosophique. »

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* Extraits de « Singali l’orphelin »

Pauvres et faibles humains

« Surprendre du regard ceux qui sont venus partager la douleur de la famille donne une grande leçon sur la nature humaine. Les uns égrènent leur chapelet, les autres abordent toutes sortes de sujets, et certains s’esclaffent à s’étouffer. Singali qui a accumulé une somme d’expériences ne s’étonne guère. Il sait que c’est la vie elle-même qui est étrange. Rien ne sépare la douleur du plaisir, le malheur du bonheur. Donc, il n’en voudrait à personne si de pareilles scènes se déroulent sous ses yeux. Combien de fois ne lui est-il pas arrivé d’assister à des obsèques et d’avoir la pensée tournée vers des choses très éloignées du sermon de l’imam ? Ne sommes-nous pas faibles et fautifs le plus souvent ? Nous autres pauvres humains ? Tous à l’affût du bonheur comme le chasseur guettant le gibier. Le fils d’Adam s’essouffle dans cette poursuite sans jamais se lasser. »

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Ne voir que le bien autour de soi »

« Ignorer toute forme de mal et ne voir que le bien autour de soi ! Tel est le royaume de l’enfance. Si tel n’était pas le cas, même le séjour dans la tombe serait incapable de faire oublier certaines souffrances traversées. Il arrive parfois que les années d’enfance se retrouvent roulées tant de fois dans toutes sortes de douleurs, et de tortures, qu’elles en gardent la souillure pour toujours. »

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(Photo : Coumba Sylla)

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Hypocrisie

« Nul ne comprend ce que veut notre pays. Vous appelez à la droiture mais vous tracez le grand boulevard vers le passe-droit. Vous préférez sauvegarder les bonnes relations que la manifestation de la vérité. Quelle que soit la gravité du délit, vous comptez vous en sortir grâce aux interventions. Alors la délinquance, l’escroquerie, le vol occuperont notre quotidien. »

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(Photo : Coumba Sylla)

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« Ah, feuilleter les livres neufs ! »

« Dans son jeune âge, il a toujours aimé les études. Ses anciens condisciples peuvent en témoigner. Ah, feuilleter les livres neufs ! Glisser les doigts sur les pages ! Personne d’autre ne peut exprimer ce que tu ressens ! Que dire de l’encre ? Comme un soupçon de parfum ! Ces livres-là n’ont pas souvent parlé de l’Afrique. Mais Singali a surtout gardé la manière d’écouter la musique des mots. Que de fois lui est-il arrivé de marquer le rythme, dodelinant de la tête comme le dit bien un de ses textes adorés. Parfois, malgré lui, remontent à la surface de beaux vers de grands poètes du pays des toubabs. Quand on est devant un style sans reproche, dans une langue que l’on maîtrise, on ne peut qu’être saisi. »

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(Photo : Coumba Sylla)

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A toutes fins utiles…

« Principales oeuvres de Cheik Aliou Ndao » par Pierrette Herzberger-Fofana, Mots pluriels, 1999.

Entretien de Cheik Aliou Ndao avec Pierrette Pierrette Herzberger-Fofana, Mots pluriels, 1999.

Extraits

« Mes études m’ont ouvert la voie à la littérature puisque j’ai une formation classique. En outre, j’ai toujours aimé la lecture. Il se peut que tous ces éléments conjugués aient attisé mon sentiment pour la culture d’une façon générale. Cependant, je ne pense pas qu’on choisisse consciemment de venir à la littérature. Je suis persuadé qu’au départ, il y a eu une espèce de don qui pousse à écrire ses impressions. D’abord d’une manière maladroite et au fur et à mesure que l’on acquiert de la maturité, on se corrige et là le don devient un métier. »

« Nos relations avec la Francophonie ne peuvent pas être les mêmes que celles d’un habitant du Québec ou de la Wallonie. Nous, Africains, ne sommes pas attachés à la francophonie par sentiment ou par nostalgie. Il n’existe pas de respiration charnelle entre ce vocable et nous. Nous n’écrivons pas en français par amour ou à cause d’un choix délibéré. Nous employons la langue de Molière par accident historique. La francophonie n’est pas notre héritage, car notre moi profond s’exprime dans nos langues maternelles. (…) Ecrire dans une langue d’emprunt, c’est accepter de participer à la création d’une littérature de transition (…). »

Coumba Sylla

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